mardi 8 février 2011

De l'art de faire l'accord avec le beignet à la mouche

Ca date de 2008. Et oui, je vous refile de la vieille info d'une fraîcheur discutable. L'équipe éditoriale au complet s'en excuse, on va essayer de plus l'échapper.

Mais c'est un véritable bijou, ca fait même pâlir TQS (V) d'envie, ce manque criant de contenu:


Rire du Pauv' monde c'est pas beau. Mais quand même. C'est drôle, on serait idiot de s'en priver.

Voici une vidéo qui résume bien ce que je pense de ce genre de journalisme: (C'est en inglishe)



Mais reste à faire l'accord met et vin avec le timbit à la mouche. Décortiquons le met. Dans l'ensemble, la partie la plus nutritive est sans conteste, comme certains internautes le faisaient remarquer, la mouche. C'est le plus salubre, le moins cancérigène, le plus nature, et le plus bio. (À moins que ce soit une mouche d'élevage élevée aux anitbiotiques) C'est la protéine qui domine l'amas de sucres rapides. Encore là, ca dépend aussi de la cuisson de la mouche. La mouche style tartare, ajoutée au dernier moment sur le beignet, optez pour un vin léger. Si la mouche est ajoutée avant cuisson, ca dépend si elle est bien cuite, ou saignante. La mouche saignante pourra permettre un accord avec un rouge plus tannique.

Et qui eut cru qu'une cruelle absence de contenu ne soit pas exclusive au monde de l'information, mais soit également l'apanage du monde du vin, à l'occasion? Combien de commentaires de dégustation sont soit:

-Plutôt futiles, et l'occasion de se la jouer en faisant de la publicité sur les grosses fioles dégustées? Les exemples abondent, de dégustateurs qui veulent étaler le pedigree des vins qu'ils goûtent, et qui voient dans la rédaction d'un compte-rendu, d'un commentaire, plutôt banal qui renseigne personne l'occasion d'enfin briller en épatant la galerie avec des gros noms . Ainsi, vous pouvez sans  risque d'erreur parler d'un rouge bordelais "Costaud, racé, avec des accents de cuirs, de fruits rouges et noirs, et d'épices. Les tannins sont fins, et l'impression d'ensemble évoque une main de fer dans un gant de velours". Personne pourra vous contredire, c'est évasif, et ca vous donne l'occasion de mentionner ce Haut-Brion 1998  goûté au vernissage de cet artiste très Out, donc très In, vraiment néo-trad réinventé où vous êtes allé avec votre petit Jérémy. Il est teeeeeellement mature pour ses 8 ans. Les collègues de travail adorent ces anecdotes.

 Ou encore ce Montrachet quand même pas mal qui goûtait le beurre (prononcer beuw) et les fleurs (prononcer fleuw) bu sur le poulet pop corn en fin de semaine dernière, avec les Crocs dans les pieds, pendant que Raymond faisait des flats dans la piscine pour faire rigoler les p'tits cousins. Au final, ca renseigne personne, mais ca en jette.

-L'occasion d'envolées lyriques qui frôlent le manque de pudeur. Lorsque votre vin est doté d'un "port altier, d'une démarche féline, et d'une ossature pointue et découpée" faut se demander si l'enjeu c'est de mettre le vin de l'avant, ou plutôt de mettre le dégustateur de l'avant. La langue française est riche, belle, et permet un agréable luxe de poésie pour décrire les vins, mais le but principal reste la communication. Si je parle d'un vin ardent, fougueux, et svelte mais à la fois timide et ingénu, pas certain que le public cible soit servi.

En gros, faut se demander pour qui, et pour quelles raisons on rédige des commentaires.

Comme pour beaucoup de choses, l'idéal ca reste une bonne dose de jugement. Le jugement, c'est, par exemple, de pas aller fournir de couverture médiatique à la mouche sur le timbit de l'adolescent en région. C'est disgracieux. C'est non. Pas timbit mouche ado. Non. Méchant poodle TVA.

Le jugement, c'est de couvrir la présence de faune locale sur le timbit à partir du cheval, en montant. Ca c'est de la nouvelle...

mardi 1 février 2011

De la notion de classement

Premièrement, avant de commencer, il faut que je vous précise: les vins pas classés me donnent des maux de tête. Donc s'il-vous-plaît, abstenez-vous de me refiler un simili-cru.

Les classements, c'est trop la classe. On classe tout. Y'a des palmarès pour la musique. Pour les autos. Pour les livres. Pour la plus grosse citrouille. Pour le meilleur joueur de mini-putt du circuit en 1991-1992 (???)


Mais surtout pour les vins. On tente comme on peut de créer une pyramide avec les méchants en bas, et les full-débile-écoeurants en haut. C'est normal, et j'approuve, mais en précisant quand même que personnellement, j'aime mieux me rentrer que les vins qui sont en haut de la pyramide.

Ceci étant dit, examinons les modèles de classement à Bordeaux:


Tout le monde classe différemment. C'est le bordel. La sous-région du Médoc a classé les vins en 1855 et ca peut plus changer. Or, le pourcentage des gens qui y étaient en 1855 et qui y est encore pour faire le vin frôle le pas pentoute. Les terrains ont changés. C'est donc plus ou moins sérieux. Comme les pas classés z'étaient pas contents, ils se sont partis les crus bourgeois, pour se classer aussi. Comme les pas crus bourgeois z'étaient pas contents, ils se sont partis les crus artisans. Comme les pas crus artisans z'étaient pas contents, ils se sont déterrés la mention crus paysans. L'arbre est dans ses feuilles, Marilon-Marilé.





Et ca c'est juste le Médoc. Les gens de St-Émilion, ils ont bien rigolé en regardant les médocains avec leur classement immuables. Ils se sont dits: On refera pas la même gaffe, on se fait un classement qui peut évoluer en fonction de la qualité du vin qui se trouve dans le verre.

Bonne idée en principe, mais personne veut perdre son classement, alors c'est le drama à tous les reclassements, et les procédures judiciaires, les larmes, tout le bazaar.

Les médocains, ils disent: Nous, on a classé selon des critères objectifs, comme le prix de vente des vins au moment du classement. Vous vous faites dans le subjectif, des goûts et des couleurs. C'est pas sérieux.

Les Saint-Mimilionnais ils disent: Nous on a classé en fonction de la qualité des vins dans le moment présent, pas y'a 150 ans. Vous vous vivez dans une époque déchue où on se racontait encore en se tapant sur les cuisses, près du feu, le bon vieux temps où on décapitait du noble pour se distraire, et on se la jouait sans-culottes pour impressionner les filles. C'est pas sérieux.

Fichier:Sans-culotte.jpg



Et à travers tout ca, y'a des crus classés en provence, espèce d'archaïsme datant d'un ancien système, avec des crus classés à 15$ la bouteille. Si quelqu'un est excité par la photo ci-contre, s'il-vous-plaît me le mentionner. Vous savez ce qu'ils en pensent les médocains et les Mimilionnais?

Dans le fond, ces classements ont été supplantés par des classements bien de notre temps, qui sont en sommes établis par les critiques, une note à la fois. On détermine de cette façon que Duhart-Milon, ils l'ont échappé avec un maigre 89, alors que le Beaucastel, à châteauneuf-du-pape, fait du sérieux et se mérite un 93.

Mais bon, souvenez-vous, les vins pas classés, c'est pas très digeste. Je soupçonne même les producteurs de mettre des sulfites dans les vins pas classés...

mercredi 26 janvier 2011

De la notion de biodynamie

Pour cultiver la vigne, y'a différentes options. L'option classifiée comme étant profondément "evil", ca consiste à utiliser un max de produits chimiques. Généralement, on traite les vignobles à date fixe, selon un calendrier pré-établi. On s'assure que rien n'y survive, à part la vigne avec un peu de chance. Il n'y a pas vraiment de nom pour ca, considérant que c'est le degré 0 de l'implication à la vigne. À noter que rien n'empêche un viticulteur d'être très consciencieux à ce stade, mais rien n'existe pour garantir qu'il l'est.



Si on procède dans la pyramide du parfait petit vigneron, il y a ce qu'on appelle la viticulture raisonnée. En gros, on utilise un peu ce qu'on veut, mais on prétend utiliser le bon sens pour vaporiser le moins possible. On attend de constater avant d'envoyer toute la gomme. Du moins, c'est ce qu'on prétend, puisque il n'y a pas d'organisme pour réglementer la chose.

Ensuite viennent les méthodes entourées par des certifications, soit l'agriculture biologique, et la biodynamie. 

Les vins produits de raisins issus de l'agriculture biologique (c'est le terme adéquat, puisque ce n'est pas le vin qui est bio, mais bien les raisins) sont produits sur des vignobles exempts de produits chimiques de synthèse. Quant à la biodynamie, c'est la que ca se corse...

La biodynamie, c'est un mix entre l'agriculture bio, et des facons de faire basées sur des convictions particulières. On se base beaucoup sur les écrits d'un certain Rudolf Steiner, un philosophe autrichien de la fin du 19e,  début du 20e siècle. Ses enseignements sont parfois basés sur un certain bon sens paysan, et donc sur une observation de phénomènes naturels intéressants, comme par exemple l'instinct des oiseaux migrateurs. Parfois, ca dérape un peu plus, et les énergies cosmiques se mettent de la partie.

Cultiver la vigne en biodynamie, c'est par exemple produire des solutions homéopathiques dans un dynamiseur (un baril en métal qui tourne, et qui créée donc le chaos. C'est pas de moi, c'est de certains biodynamistes). 

Au final, la seule question qui m'intéresse, c'est: est-ce que ca donne du bon vin?

Le problème, c'est que toutes ces méthodes produisent des vins intéressants. Et si les biodynamistes s'en tirent si bien, c'est fort probablement parce que les vignerons sont plutôt attentionnés, et près de leurs vignes, plutôt qu'à cause de l'homéopathie et des énergies cosmiques.

lundi 17 janvier 2011

De la notation sur 100 points

On note les vins sur 100 points, surtout ailleurs dans le monde. Pourquoi surtout ailleurs dans le monde? Parce qu'ici, on reste sur des notations sur 5, sur 20, ou du genre "Très bien". On y reviendra. De toute façon, la question, on se la vide.

"De youssé qu'esse-que  ca vient la notation sur 100 points?"

C'est une excellente question Gontran, regardons-ca de plus près.

En gros, en des temps barbares (mettons y'a 40-50 ans) l'être humain vivait sans le support salutaire de la notation sur 100 points. C'était le tiers monde, ou plutôt, le moyen-âge du vin. Pas le moindre indice sur la qualité de son "plush" merlot favori, sauf des 3-4-5 étoiles, bref, on nageait dans la confusion la plus totale. Pire, les gens ne savaient même pas, quand on leur mettait du vin dans le verre, si ca leur plaisait ou non, privés d'un avis précis sur la question, à savoir:  "Est-ce que ca le fait un max, ou non"

La personne qui aurait développé la notation sur 100 serait potentiellement un Australien, ou pas, en fait c'est nébuleux. Mais la personne qui a clairement popularisé la bête, c'est Robert Parker Jr., le critique le plus influent de tous les temps. Ancien avocat francophile et amateur de vin, Parker a commencé en publiant pour le plaisir un petit guide, à ses frais, et en l'envoyant à 600 personnes. Sa réputation, il l'a faite  sur le minémise....minésime....vous avez compris, 1982.

Je vous conterai l'histoire du minésime 1982 et de Parker une autre fois, on est pas là pour ca. Plutôt pour parler des notes sur 100 points. Or, c'est devenu la norme. Et pourquoi les notes sur 100 points sont populaires? Parce que le critique se commet totalement. C'est pas comme 4 étoiles sur 5. C'est 98/100. C'est la totale. C'est excitant, parce que c'est extrême, c'est big, et c'est too much. Des 17,5 sur 20, ca excite personne.

Et sincèrement, est-ce que c'est vraiment quantifiable une sensation? Un paquet de sensations? Alors, au moins, pourquoi ne pas faire les choses en grand, avec du crunchy. Donc, quelques réflexions sur le sujet, comme ca:

   1-Je me verrais très bien évaluer les films sur 100. Pourquoi pas? Et sincèrement, je pense que la notation sur 100 serait peut-être encore plus à propos pour le cinéma. Ca aurait le mérite d'être un peu plus excitant que la notation de 1 à 7 de radio-canada. Dans les films vus dans la dernière année, je donnerais volontier 98 à "Shutter Island", 94 à "Inception", 95 à "Scott Pilgrimm versus the world", et 92 à "Black Swan". Je donnerais 100 à "Oldboy", au "Fabuleux destin d'Amélie Poulain"...



Bien sûr, je donnerais 100 à presque rien, principalement des films obscurs et incompris qui intéressent pratiquement personne, genre Nosferatu des années 1920 (total boredom) et la fille du puisatier de Marcel Pagnol. Idéalement, les films artistiques et contemplatifs auraient également de très bonnes notes, puisque le plaisir au cinéma est l'ennemi de la qualité. Je donnerais 100 à citizen kane, parce qu'ils ont inventé le champ contre champ, même si je me fais $#%$? tout le temps que ca dure et que l'histoire est banale...

Y'a rien comme l'austérité poétique d'un plan fixe sur une tundra avec que dalle qui se passe, sauf le vent déchaîné sur les frêles cyprès et le râle d'un violon à l'agonie. Les personnages c'est vulgaire, l'histoire aussi.

This is rock'n'roll.

Oh hasard incroyable, on m'avertit à l'instant que mon colis est arrivé, il s'agit du "Film snob dictionnary" ( Film snob n: Reference term fort the sort of movie obsessive for whom the actual enjoyment of motion pictures is but a side dish to the accumulation of arcane knowledge about them. )
J'vous en reparle.

  2. Comme il y a une féroce concurrence entre les différentes sources de critiques, dans le monde du vin, il faudrait pouvoir choisir une source en fonction de la qualité de la critique. Donc, je propose d'instaurer une nouvelle mode, la méta-critique, qui consiste à donner une note sur 100 aux critiques de vins. On pourrait ainsi pondérer les notes qu'ils donnent en fonction de leur crédibilité. On aurait donc, par exemple:

Parker: 95
Burghound (Allen Meadows): 98
Jancis Robinson: 96
Wine spectator: 91

Suivi d'un commentaire de dégustation du genre:

Robert Parker (bordelais):
Descriptions du nez volubiles, teintées par une appréciation de l'intensité et du caractère très mûr. Affection pour les bouches sphériques et gourmandes, aux tannins enrobés. Il s'affirme par un style assez descriptif du travail au château, et une grande connaissance de la région bordelaise. Lire entre 1978 et 2011. 96+

3. Finalement, l'idée est de mon pote Olivier, mais faudrait arrêter de regarder en arrière, et réellement innover. Les 98, ou 99 sur 100, c'est clairement dépassé, et ca manque de précision. Maintenant, histoire de vraiment crééer un engouement, on part une tendance, on note les vins sur 1000. Bien sûr, à l'image de la notation sur 100, on note rien en bas de 987/1000, et idéalement, on met beaucoup de 996/1000 en montant. Parce que quand même, faut bien reconnaître la qualité.





MILLE BORNES THE FRENCH CARD GAME 1971 PARKER BROS



Au final, faut avouer que quelque soit la note, c'est difficile de quantifier avec précision un vin, et de faire consensus. Alors, les notes peuvent donner de bonnes pistes, ou pas, mais la clé reste d'essayer, et de forger sa propre opinion peu importe la note. Les journalistes au Québec choisissent de ne pas jouer le jeu, en se commettant un peu moins. Et au final, ont-ils tort? Je vous laisse juger...

Vous trouvez surement que dans mes notations de films, je l'ai totalement échappé. Vous me feriez surement confiance pour des suggestions de vins, mais à la lumière de mes goûts cinéma, me laisseriez-vous vous faire une recommandation pour le cinoche-popcorn du samedi?

C'est le même combat. Ca dépend de mes goûts, et des vôtres...

vendredi 14 janvier 2011

De l'accord met et vin avec le blanchon

C'était dans les médias cette semaine. Pas les blanchons, mais plutôt le fait que Martin Picard était supposé concocter le souper d'inauguration du bal des neiges à Ottawa. Or, les canadiens anglais (qui détestent le plaisir, c'est bien connu) ont défendu à ce dernier d'utiliser le foie gras. Il s'est donc retiré.

Je dis les canadiens anglais, mais je blague, je les aime bien. La vérité, c'est que c'est une poignée d'activistes qui font du lobbying pour interdire le foie gras  et ils ont eu gain de cause. Parce que, m'voyez, c'est mal le foie gras.

Parce que c'est une pratique inhumaine de "stuffer" des canards.



Vous remarquerez que c'est aussi une pratique inhumaine de génocider un petit million de gens à la machette en afrique, mais ca arrive, et comme c'est loin d'içi, on s'en formalise pas trop. Faudrait quand même pas bouder son plaisir.

Le canard, et l'oie, sont des birdies ayant la capacité de migrer vers des contrées lointaines (parce qu'ils ont pas de bras pour pelleter leur entrée lorsque l'hiver frappe à leur porte, contrairement au citoyen de Laval, qui lui, 95 fois sur 100, a des bras.) et ils se sont donc adaptés au fil de l'évolution. Darwin est d'ailleurs très fier d'eux, qu'il fait dire. Leur foie a la capacité de transformer un intrant (du manger mou, poussé à l'aide d'un bâton) en stock d'énergie. Ca se passe dans le foie. Il devient tout gros, tout gras, et tout délicieux. Et on gave les bêtes pour que ca arrive. C'est horrible. Mais sur le fond, c'est quelque chose que le canard fait lui-même, se faire un beau gros foie hypertrophié et succulent.

Sincèrement, on bouffe pas mal tout le règne animal, parce que ca goûte bon, et que c'est plein de protéines. On s'en fait pas trop pour les poulets, c'est idiot, c'est moche, et en plus ca s'attaque au plus faible du lot dans la société des poulets. Le poulet est un lâche. On se fout donc des conditions atroces d'élevage des poulets. Le gavage, ca prend 15 secondes par canard, 2 fois par jour, et les élevages sont généralement à plus petite échelle que pour le poulet. Personne le fait dans le but de blesser des canards.  Je suis prêt à parier que les canards ont une vie plus chouette que les poulets d'élevages, entre autre parce qu'ils sont élevés par des entreprises à taille humaine, plutôt que par des groupes industrieux. Je prends mon foie gras au canard goulu, près de Québec, et je pense pas qu'ils ranchent des centaines de milliers de canards dans des entrepôts en tôle ondulée.

C'Est comme pour les blanchons. Y'a une surpopulation de blanchons. Et ca se bouffe. Vous voyez l'équation se dessiner?



Or, malheur, le problème, c'est que le blanchon est cute. C'est tout blanc, avec de grands yeux humides, et ca traine sur la banquise. Ca demande qu'à être aimé. C'est trognon. Et l'humain, grand lâche, cueuille le blanchon comme on cueuille le champignon, parce que ca a à peu près l'agilité d'une limace poilue. Mais le blanchon, ca saigne partout sur la neige blanche, et c'est disgracieux. Alors que les thons, y'a pas de problème, c'est moche un thon, on peut donc le surpêcher jusqu'à éteindre l'espèce peinards, y'a pas  d'enjeux de cutiness...

Mais manger des blanchons, si c'est comestible, et qu'il y en a trop, pourquoi pas? En plus, ils vivent à l'état sauvage, ils ont une existence à peu près normale, on les cogne un grand coup avec un bâton, et ils meurent. C'est certain que ca inclue de le tuer, c'est pas jojo, mais statistiquement, la très grande majorité des animaux qu'on bouffe décèdent dans le processus. (Si quelqu'un a des statistiques, ou un graphique pour soutenir ce point, ca serait apprécié)




Les animaux ont divers mécanismes de défense. Le papillon viceroy, son moyen de défense, c'est de ressembler au monarque, qui lui n'est pas comestible. On le bouffe donc pas. Le crocodile, il mange ceux qui essaient de la bouffer. On le bouffe donc pas. Le blanchon, particulièrement rusé, a réussit à décourager le plus grand prédateur de tous les temps (c'est nous ca) en faisant des grands yeux humides. On le bouffe donc pas. Pas con,hein? Faut croire que c'est le meilleur mécanisme... attirer la compassion en étant mignon.

Je regardais une rétrospective d'Infoman tantôt, et un des journalistes demandait à Mme bardot: " La fourrure synthétique, ca prend 10 000 ans à se dégrader, qu'en pensez-vous?" et elle de répondre "Je m'en fous de la fourrure synthétique, je veux juste pas qu'on en utilise de la vraie".

Words of wisdom

Mais, à travers toute ces considérations, le vrai drame à mon avis, c'est que le gastronome aventureux, à cause du manque de moralité entourant la consommation du très trognon blanchon, se retrouve dépourvu de toute aide lorsque vient le moment d'effectuer un accord mets et vins avec ses spécialités de blanchons favorites. Aucun sommelier sérieux ne mettrait en péril sa réputation pour la cause. Voilà, donc, je me lance, avec en prime une recette simple:

Avec le Blanchon-vinaigrette

Pour faire le blanchon-vinaigrette, c'est comme pour les asperges-vinaigrettes, mais remplacez plutôt les asperges par un ou deux blanchons (en fonction de l'apétit) de taille moyenne, bien fermes, tranchés en rondelles sur le sens de la longueur.

Accord: La vinaigrette dénature le vin, optez pour un pinot blanc modestes, simple et rafraîchissant.

Autres pistes harmoniques:

Avec le blanchon cacciatore

   La sauce tomatée du blanchon cacciatore appelle un rouge possédant une bonne acidité, optez pour un sangiovese de bonne naissance, en plus vous aurez un accord régional.

Avec le sandwich crousti-blanchon

     Avec ce sandwich à la boulette de blanchon panée style fast-food, le réel enjeux, c'est la mayonnaise. Prévoyez un blanc enrobé à base de chardonnay, mais frais et équilibré, comme un puligny-montrachet les combettes 2006 ou 2007.

Le shish-blanchon (Alternativement nommé le Blanchon-taouk)

     Vous voyez, ici le piège c'est la sauce à l'ail! Optez pour un rouge léger et rafraîchissant, pourquoi pas un cru du beaujolais sur le très séduisant millésime 2009?

Le blanchon bourguignon

     Avec ce classique, sortez les vins sérieux. L'aspect longuement mijoté et savoureux appellera les bordeaux ayant quelques années de cave, ou encore, le très typique bourgogne rouge de bon niveau, tel un pommard 2002.

Le blanchon farci au foie gras

    Optez pour un liquoreux équitable, parce que quand même, vous avez des principes.

mardi 11 janvier 2011

Du vin dans les jeux vidéos, d'un cabinet à Yquem plutôt sympa, et de la cruelle cicadelle

En fait, dans un jeu vidéo, plutôt connu. Metal Gear Solid, un nouveau je crois. Trouvé sur un blogue qui se nomme www.bourgogone-live.com et j'ai été complètement séduit par la vidéo.

C'est croustillant.



Trouvé sur le même site, un cabinet d'Yquem fabriqué à 5 exemplaires, avec 18 bouteilles d'Yquem, provenant du château, des 18 meilleurs millésimes depuis les 120 dernières années, à 1 million de dollars. What a contraption! C'est ici:  http://www.bourgogne-live.com/2010/06/une-cave-a-vin-qui-coute-la-bagatelle-dun-million-de-dollars/


J'en veux un pour le chalet, et un pour la maison. Au bureau, ca fait vulgaire, trop showoff...

Et finalement, encore sur le même site (Je m'incline, c'est de la bombe leur truc, je sais pas où ils trouvent toutes ces perles) un jeu de société, Vign'en jeu, dans lequel vous cultivez la vigne. Écoutez la vidéo, c'est trop croustillant.


Honnêtement, il est pas hédoniste notre vigneron? Imaginez les parties endiablées, la tension palpable alors que les enfants qui attendent avec impatience leur récolte de cabernet-sauvignon se prennent une carte "Une attaque de cicadelles vertes provoque un déficit de photosynthèse, et c'est la perte d'une maturité. Voilà."

Are you kidding me? Je comprends qu'on essaie d'adjoindre un aspect éducatif au côté folichon du jeu de société. Mais c'est pas un peu too much l'attaque de cicadelle? Entre une bonne vieille marelle, et une partie où on se prend des attaques de cicadelles et des attaques d'oïdium, y'aurait peut-être un juste milieu?

Déjà, parler de rendements à l'hectares, et de cépages, ca serait un début honorable, non? Au risque d'avoir l'air d'un rustre, les attaques de cicadelles, le mioche de 8 ans (Appelons le Toto pour les besoins de la cause), il s'en tamponne la coquillette de l'attaque des cicadelles (vertes). C'est bien mentionné que c'est pour toute la famille, et les enfants peuvent s'éclater dès 8 ans. Yeah right.

Après, on s'étonne que les cahiers de charge des appellations soient austères. Les textes de loi reliés aux appellations d'origine contrôlées. Oui oui, vous vous rappelez, j'en avais glissé un mot y'a quelques billets. J'vous en met juste un mini-tantinet-bout-de-rien-du-tout de décret, pour que vous puissiez tomber sous le charme de cette douce austérité qui incite à la méditation.

C'est pour l'appellation Gaillac. C'est une des partie les plus légère d'un décret, c'est les cépages (sortes de raisins) qu'on peut utiliser pour faire du pinard. Ca va comme suit, hum hum, on prend un grand respire:



1° Encépagement : 
a) Les vins blancs sont issus des cépages suivants : 
― cépages principaux : len de l'el B, mauzac B, mauzac rose Rs, muscadelle B ; 
― cépages accessoires : ondenc B, sauvignon B. 
b) Les vins rouges et rosés sont issus des cépages suivants : 
― cépages principaux : duras N, fer N, syrah N ; 
― cépages accessoires : cabernet-sauvignon N, cabernet franc N, gamay N, merlot N, prunelard N. 
c) Les vins rouges susceptibles de bénéficier de la mention primeur sont issus du seul cépage gamay N. 
d) Les vins mousseux susceptibles de bénéficier de la mention méthode ancestrale sont issus des cépages suivants : mauzac B, mauzac rose Rs.
2° Règles de proportion à l'exploitation : 
La conformité de l'encépagement est appréciée sur la totalité des parcelles de l'exploitation produisant le vin de l'appellation d'origine contrôlée pour la couleur et le type de produit considéré. 
a) Vins blancs. 
La proportion de l'ensemble des cépages principaux ne peut être inférieure à 50 % de l'encépagement. 
b) Vins rouges et rosés. 
La proportion de l'ensemble des cépages principaux ne peut être inférieure à 60 % de l'encépagement. 
Les cépages duras N et fer N sont obligatoirement présents dans l'encépagement. La proportion de ces deux cépages, pris ensembles ou séparément, ne peut être inférieure à 40 % de l'encépagement et la proportion de chacun ne peut être inférieure à 10 % de l'encépagement. 
La proportion du cépage prunelard N ne peut être supérieure à 10 % de l'encépagement.



La beauté de la chose? C'est que les proportions, c'est en terme de plantation. En termes de parcelles. Ca veut dire que dans la bouteille, ca peut être 100% du prunelard. Fortiche, hein?


Alors voilà, reste qu'à souhaiter que votre duras et votre fer servadou (içi appelé fer pour alléger le texte) soient pas attaqués par les méchantes cicadelles, parce que sinon, c'est râpé pour le gaillac rouge typique...


Toto, si tu fais pas dodo, la cicadelle elle va venir te choper la photosynthèse, et t'auras pas de rendements...

C'est décidé, j'achète le jeu. Qui est partant pour une partie?



De la notion de gracious living

Qu'est-ce que le gracious living?

C'est une bonne question, recueillons-nous en silence.

Le gracious living n'appartient pas au règne minéral, végétal, ou animal. Ca progresse, on fait comme pour la dégustation à l'aveugle, on procède par élimination.

En fait, le gracious living, c'est également une marque de poubelle. (Olivier alias Captain, on veut des photos).

Mais c'est surtout un état d'esprit. C'est la capacité de profiter de son vieux porto vintage dans le riedel approprié, près du feu, avec pantoufles s'il-vous-plaît, pendant que l'autre moitié de la planète, clairement dépourvue de notions de gracious living, fait preuve de créativité et d'initiative afin d'exterminer le voisin d'une autre profession de foi.

C'est pas la définition du Larousse, mais c'est surement assez proche.

Ca serait assez proche de la définition "D'avoir le chic" déjà présentée il y a quelques billets.

C'Est très bien représenté entre autres par un petit dépliant de "propangande" pro-capsule à vis d'un producteur américain nommé Randall Grahm. C'était sur les premières bouteilles fermées d'une capsule à  vis de son portfolio, il y a environs 10 ans. Et comme j'utilise souvent ce terme, je lui ai demandé de le retrouver. Il m'en a fait parvenir, avec beaucoup de gentillesse, une version numérique.







Avec l'aimable permission de Bonny Doon vineyards

En gros, Randall Grahm, l'homme derrière les vins de Bonny Doon vineyard, est un des vignerons les plus intéressants de Californie. Ses vins, sans être systématiquement grands, sont généralement originaux. C'est quelqu'un qui questionne sans cesse les idées reçues, et admises comme des vérités absolues dans le monde du vin, et qui vit selon le motto (que j'adore): "What could possibly go wrong".

C'est à la fois quelqu'un qui a un profond respect pour la terre, et qui est en quête de la notion de terroir, tout en ayant un esprit critique, et scientifique poussé. Au final, c'est d'abord et avant tout un génie de la communication et du marketing, qui sait parler de son vin. Derrière chaque vin, l'histoire des gens qui le font, et de la terre de laquelle il est issu. Randall, avec sa formation en littérature, histoire de l'art et botanique, donne le goût d'embarquer dans son tourbillon...même s'il est parfois dur à suivre.

Vous connaissez beaucoup de vignerons qui incrustent des pierres dans les parois d'une cuve afin d'essayer de conférer de la minéralité à un vin? J'en connais qu'un seul...

Un homme érudit, audacieux, et irrévérent, produisant des vins délicieusement étranges. Que demander de mieux?

Will you ever know gracious living?

Pour le découvrir, un peu de lecture sur son blog au www.beendoonsolong.com histoire de découvrir sa plume, ses références, et ses idées.